ORRM | Observatoire Régional des Risques Majeurs en Provence-Alpes-Côte d’Azur
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Évaluation des inondations par la méthode hydrogéomorphologique

Connaître l’inondabilité d’une vallée repose sur trois grandes familles d’approche.

  • Les approches historiques – quelle est l’étendue maximale des grandes inondations récentes ?
  • Les approches hydrauliques – quelle est l’étendue maximale d’une inondation probable?
  • Les approches naturalistes – quelle est l’étendue maximale des crues anciennes qui ont structurées la vallée ? C’est dans cette famille que se situe l’approche hydrogéomorphologique (HGM).

Les études HGM sont des approches géographiques qui étudient le fonctionnement naturel des cours d’eau en analysant la structure des vallées et en particulier les formes fluviales mises en place au fur et à mesure des crues successives.

Elles identifient et délimitent les zones inondables sans toutefois pouvoir leur associer une fréquence. C’est une des méthodes recommandées par le ministère en charge de la prévention des inondations pour la réalisation des Atlas des Zones Inondables (AZI).Elles constituent un préalable nécessaire à la réalisation des Plans de Prévention des Risques d’Inondation. Ces avantages sont nombreux, parmi ceux-ci on peut noter sa rapidité, son coût et son appropriation plus facile par ses utilisateurs puisque le phénomène étudié a laissé son “empreinte”sur le terrain.

1. Le principe de la méthode : l’étude de la plaine alluviale.

Comme évoqué en introduction, il s’agit d’une approche “naturaliste”fondée sur l’observation et l’interprétation du terrain à l’état naturel. Au fil des siècles et grâce aux crues successives, la rivière a structuré les différents lits : mineur (L1 dans le schéma ci-dessous), moyen (L2) et majeur (L3). L’étude de ces unités hydrogéomorphologiques constitue les bases de la méthode.

Elles traduisent le fonctionnement des crues passées et récentes, ce qui permet d’identifier les zones inondables correspondantes. Les grandes crues récentes notamment dans le sud-est de la France ont validé la méthode pour délimiter les zones inondables.

Ainsi, le cours d'eau a structuré la vallée en délimitant les trois lits principaux d’une part en les séparant par des talus identifiables – la morphologie et d’autre part en déposant dans leur fonds des sédiments différents – la sédimentologie.

Ces deux critères permettent d’identifier et de délimiter les unités hydrogéomorphologiques. Cette identification s’appuie sur deux outils complémentaires : la photo-interprétation et les missions de terrain.

  • La photo-interprétation est une technique utilisant des couples de photographies aériennes verticales. L'opérateur lit à l'aide d'un stéréoscope les deux photos prises à quelques mètres d'écart. Cette lecture permet de reconstituer le relief. Plus les points de prise de vue des deux photos seront décalés plus la vision du relief en sera facilitée ce qui permettra une meilleure identification des différents lits du cours d'eau et des éléments connexes.
  • Les missions de terrain, quant à elles, servent de lever de doute et de correction des cartes “minutes” réalisées par photo-interprétation. Il est en particulier nécessaire de vérifier la réalité de la séparation des unités hydrogéomorphologiques ainsi que la cohérence entre ces unités, notamment par la présence et le type des sédiments en place. La totalité de ces missions représentent plus de la moitié du travail. Les résultats de la mise en oeuvre de cette méthode de diagnostic des zones inondables sont formalisés dans des rapports intégrant les cartes, généralement numérisées, et leurs analyses expliquant le fonctionnement des plaines alluviales étudiées.

Pour en savoir plus : http://www.paca.ecologie.gouv.fr/docHTML/AZIPACA/documents-azi/SITE-DIREN/index.html

2. Application : les atlas départementaux des zones inondables de la région PACA (AZI)

Les citoyens ont un droit à l’information sur les risques majeurs auxquels ils sont soumis. Ce droit s’applique aux risques technologiques et aux risques naturels prévisibles.” (article L.125-2 du code de l’environnement).

La prévention des risques inondations repose en priorité, pour ce qui relève de la responsabilité de l’Etat, sur l’information des populations, la maîtrise de l’urbanisation et la préservation des zones naturelles d’expansion de crues (cf circulaire du 24 janvier 1994 relative à la prévention des inondations et à la gestion des zones inondables).

Pour répondre à ces objectifs, il est nécessaire de développer des éléments de connaissance ou l’exhaustivité territoriale est recherchée au détriment de la précision d’analyse. D’une part, toutes les communes ne sont pas le siège d’enjeux importants exposés au risque d’inondation nécessitant la mise en oeuvre d’un Plan de Prévention des Risques d’Inondation (PPRI) et d’autre part la connaissance homogène des risques d’inondation permet d’assurer l’information nécessaire et d’être un outil hiérarchisant les secteurs où une connaissance plus précise doit être menée.

L’atlas des zones inondables (Voir l'article sur l'Atlas des Zones Inondables) constitue donc le document de référence sur la connaissance des phénomènes d’inondations susceptibles de se produire pour informer le public et les responsables territoriaux en charge de l’aménagement. Il ne concerne que les phénomènes d’inondations fluviales.