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Les jours suivants…

Les documents décrivent l’isolement des sinistrés dans la nuit car les fils électriques et ceux du télégraphe sont tombés et les routes sont coupées.

La découverte des dommages au matin du 12 juin par les journalistes de Marseille et la gendarmerie d’Aix sont les grands témoignages dont nous disposons pour décrire les conséquences de l’évènement.

Au lendemain du 11 juin, ce sont aussi les moments de sauvetage puis de deuil.

La nuit du 11 Juin : une nuit sans secours

 

La consultation des quotidiens de l’époque montre qu’aucun secours extérieur aux villages n’a été disponible avant une heure avancée de la matinée, soit beaucoup plus de 12 heures après l’évènement.

Le 12 Juin

Reconnaissance du sinistre

A Marseille, où le séisme avait été ressenti, au matin du 12 Juin, on ignorait tout des dégâts. Les premiers arrivés sur les lieux sont, semble-t-il, les journalistes du « Petit Provençal » qui prendront dans leur voiture, à Aix, le capitaine de gendarmerie.

Quelques extraits de leur récit : « A Saint Cannat : […] sur la place, des tentes ont été élevées qui donnent abri aux blessés. Maintenant le jour s’est levé. Résolument, on va se mettre à la recherche des disparus. La besogne est ingrate. A tous les points du village, des maisons se sont effondrées, ensevelissant ceux qui n’ont pas eu le temps de fuir. Le maire, M. Paul Martin, dirige lui-même les opérations de sauvetage. »

« […] à quatre heures, nous quittons Saint Cannat pour Lambesc. Le capitaine de gendarmerie a envoyé chercher du secours et surtout des aliments. » (extrait de G. Petruschi, « 11 juin 1909 : La terre a tremblé en Provence », ed les amis du vieux St Cannat)

Les communications coupées

"[…] Pour partir de Saint Cannat, nous sommes obligés de couper les fils télégraphiques et téléphoniques, qui, tombés au sol, rendent la traversée du village plus difficile. Du reste, même avant notre petit acte de sabotage, les communications étaient interrompues et Saint-Cannat se trouvait absolument isolé, ce qui rendait la situation des sinistrés intolérable.

— Oui, nous disait le maire, nous avons passé toute la nuit seuls, sans secours, et si vous n’étiez pas venus, on n’aurait pas connu de sitôt le malheur qui s’est abattu sur nous."

Organisation des secours

Dans chaque village le maire réunit son conseil municipal et rendit hommage aux disparus puis les villageois s’organisèrent afin de récupérer leurs biens ou leurs animaux dans leurs maisons.

La préfecture détachera l’armée sur place. Dès le 12 juin, des troupes appartenant au 7e Régiment du Génie d’Avignon ont été envoyées sur les lieux pour procéder aux travaux de protection et de déblaiement. Seize officiers et 700 hommes de troupe sont intervenus.

Deux cent cinquante blessés (graves) seront dénombrés puis soignés par des religieuses. Des tentes marabout, envoyées par la préfecture, seront montées.

Le 13 Juin

Ce fut une journée de deuil dans toute la région.

Le 14 Juin

L’émissaire du gouvernement vint visiter les sinistrés. « L’écho du Nord » raconte ainsi l’évènement "Salon, 14 Juin : A une heure, il arrive à Salon. Le maire signale au sous-secrétaire d’Etat les dégâts causés dans la ville par le tremblement de terre. Il espère que Salon ne sera pas oublié lors de la répartition des secours qui seront votés par le Parlement. Après avoir visité les immeubles endommagés, M. Maujan remonte en automobile, se dirigeant sur Rognes.

L’aide matérielle et financière aux sinistrés

Dès le 15 juin le journal « le petit Marseillais » lance une souscription pour venir en aide aux sinistrés. En quelques semaines plus de 200 000 francs - or 1909 (environ 720 000 euros) sont réunis et permettent de construire environ 400 logements provisoires.

L’Etat est venu en aide aux sinistrés par des prêts avantageux, remboursables en 45 ans, au taux de 3,85%.

De nombreux autres dons ont été faits également aussi bien par des inconnus que par des personnalités. Puis, au fur et à mesure des reconstructions, le produit de la vente des baraquements a complété les fonds d’aide aux sinistrés.

Pour aller plus loin