ORRM | Observatoire Régional des Risques Majeurs en Provence-Alpes-Côte d’Azur
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Lambesc

« Une horreur de fin du monde »

Dommages

Il y a 14 victimes, 12 blessés graves, 50 constructions sont détruites et 600 sont endommagées. Le 19 juin 1909, 1500 constructions sont déclarées par les missions officielles, à démolir ou nécessitant « des travaux très importants ». Le montant des dégats est évalué à 2,1 millions de francs de l’époque soit environ 7,6 millions d’euros (d’après Payany M., 1983. Simulation du séisme provençal de 1909 : le séisme d’après les documents de l’époque. Dossier technique A. CETE Méditerranée)

Note : La conversion francs 1909 - euros 2009 est donnée par le tableau de l’INSEE.

Descriptions

Extrait de « La Croix des Alpes » du 20 juin 1909 (voir le site « Sisfrance » du BRGM) : "Lambesc et Rognes qui sont au milieu de la Trévaresse, paraissent avoir été comme le centre du mouvement. (…) A Lambesc les secousses ont été formidables. La première secousse a été de bas en haut. Les habitants ont eu l’impression d’être soulevés de terre par une explosion intérieure et immédiatement après, le sol et les murailles ont été secoués par un frisson d’une violence épouvantable, comme l’extrémité d’un tout petit arbre que secoue brutalement une main vigoureuse. Tout craque, les murs se disloquent, les planchers et les toits s’écroulent, les habitants fuient, terrifiés…. Tout est fini. Les lampes électriques se sont éteintes : l’obscurité profonde, les sanglots, les gémissements, les cris de douleur : c’est une horreur de fin du monde. Ceux qui ont échappé sont fous de peur ; cependant les plus courageux organisent les premiers secours ; plusieurs blessés sont retirés des décombres. Ce n’est qu’au jour qu’on peut se compter et s’assurer du nombre des victimes. Dans les villages ou dans la campagne, quinze cadavres sont ensevelis sous les ruines.

C’est la partie vieille du village qui a le plus souffert. Toutes les maisons sont écroulées, ce n’est plus qu’un amas de ruines. Les maisons qui sur le cours et sur la place de l’église paraissent en meilleur état, ne valent guère mieux. Les façades paraissent plus ou moins intactes ; à l’intérieur tout est fendu, lézardé, branlant. Très peu d’immeubles sont habitables. Tous sans aucune exception ont gravement souffert.

Le clocher est coupé en deux de haut en bas, une partie est écroulée, l’autre tient par miracle. L’église, l’une des plus belles du diocèse, est effrayante à voir. La nef parait encore solide ; mais la muraille du chevet, derrière l’autel, est fendue de haut en bas, les arceaux du transept portent aussi des lézardes énormes, et au-dessus de ces murs branlants, tout en haut, à 40 mètres dans les airs, on voit avec épouvante le vaste et magnifique dôme, encore debout, mais tout fendu, tout crevassé et demeurant comme un formidable piège en pierres de taille, prêt à s’abattre au moindre mouvement.

Le nombre des morts s’élève à 15.

Le sort de la famille Philip a été particulièrement tragique. La mère, avec un courage et une énergie admirables est parvenue avec le secours d’un domestique blessé lui-même à dégager son mari du milieu des décombres ; tous les deux ont travaillé ensuite toute la nuit à retirer leurs enfants de dessous les poutres et les pierres qui les écrasaient. Hélas ! les malheureux avaient cessé de vivre.

Tous ces corps ont été transportés à l’hôpital à moitié démoli et où, parmi les ruines, les religieuses de Saint Thomas de Villeneuve ont montré un admirable dévouement. (…) Elles pansèrent les blessés, prodiguèrent leurs consolations aux parents, rendirent les derniers devoirs aux victimes sans se préoccuper des dangers qu’elles couraient elles-mêmes dans un édifice que la catastrophe avait ébranlé".

Pour aller plus loin