ORRM | Observatoire Régional des Risques Majeurs en Provence-Alpes-Côte d’Azur
Observatoire Régional des Risques Majeurs en Provence-Alpes-Côte d’Azur

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Principes généraux d'évaluation de l'aléa mouvements de terrain

L’aléa mouvements de terrain peut être défini comme la probabilité d’occurrence d’un événement mouvements de terrain d’intensité donnée dans une zone donnée sur une période de référence donnée.

Les deux composantes de l’aléa sont :

  • la probabilité d’occurrence du phénomène dans des délais donnés ;
  • l’intensité du phénomène potentiel.

Le niveau d’aléa s’obtient en combinant les facteurs de probabilité d’occurrence et d’intensité du phénomène potentiel.

La probabilité d’occurrence temporelle

La prévision de la date de déclenchement d’une instabilité de terrain est très rarement possible car elle dépend de facteurs permanents imparfaitement connus et de facteurs déclenchant non prévisibles avec certitude (pluies, séismes, vibrations, activités humaines, etc.).

En pratique, la probabilité d’occurrence est la plupart du temps estimée de façon qualitative (faible, moyenne, forte, très forte) en évaluant la prédisposition du site à un phénomène donné en fonction des facteurs permanents d’instabilité.
 

Cette probabilité est donnée en fonction d’une échéance (ex : pour les PPR mouvements de terrain, la période de référence est le siècle).

Intensité du phénomène potentiel

C’est l’expression de la violence ou de l’importance d’un phénomène potentiellement réalisable.

Elle est le plus souvent définie non pas de façon directe en fonction des paramètres physiques du phénomène (volume, vitesse, superficie, profondeur, etc.) mais de façon indirecte en fonction :

  • du nombre de victimes potentiel : la gravité ;
  • des dommages possibles : l’agressivité ;
  • du coût des parades à mettre en oeuvre : la demande de prévention potentielle.
NIVEAU INTENSITE Niveau des mesures de prévention nécessaires
Faible 10 % de la valeur vénale d’une maison individuelle.
Moyenne Parade technique financièrement supportable par un groupe restreint de propriétaires.
Forte Parades spécifiques et hautement qualifiées, intéressant une aire géographique débordant largement le cadre parcellaire ou celui d’un immeuble courant, et d’un coût important.
Majeure Pas de parades techniquement possible (ou parade d'un coup insupportable pour la collectivité)

Exemple d'échelle conventionnelle d'intensité (source : Guide LCPC)

La notion d’aléa de référence

Pour prévoir au mieux le phénomène qui pourrait se produire et dont il faut protéger les populations et les biensconcernés, il convient de déterminer pour chaque type de mouvement de terrain le phénomène de référence susceptible
de se produire sur un secteur homogène donné.
Conventionnellement, il s'agit du plus fort événement historique connu sur le site. Cependant, en l'absence d'antécédents
identifiés sur le secteur considéré, on se base :

  • soit sur le plus fort événement potentiel vraisemblable à échéance centennale ou plus en cas de danger humain ;
  • soit sur le plus fort événement historique, observé dans un secteur proche, présentant une configuration similaire (géologie, géomorphologie, hydrogéologie,structure).


À chaque mouvement prévisible de référence est associé un aléa de référence.

Approche par expertise

DESCRIPTION

L’évaluation de l’aléa repose sur l’expérience de l’expert à travers une approche essentiellement naturaliste. Les règles pour définir le zonage sont rarement explicitées et pour la plupart qualitatives. L’expertise reste l’approche la plus employée compte-tenu de la modicité des moyens requis.

INCONVÉNIENTS

• Peu explicite, cette approche n’autorise que rarementune critique constructive des cartes élaborées ; la comparaison des cartes réalisées par différents expertspeut être de ce fait délicate ;

• Seuls les facteurs permanents (voir l'article sur les paramètres d'évaluation de l'aléa) sont généralement pris en compte ; il s’agit donc d’un zonage dans le temps et non d’un modèle spatio-temporel.

Approche statistique des événements historiques

DESCRIPTION

Elle est basée sur l’analyse en retour de phénomènes historiques connus. Il s’agit, par des traitements plus ou moins élaborés, d’extraire les facteurs de prédisposition aux mouvements de terrain (voir l'article sur les paramètres d'évaluation de l'aléa) et in fine les règles de définition des zonages.

INCONVÉNIENTS

• Nécessite d’avoir un échantillonnage représentatif pour réaliser des traitements statistiques significatifs. C’est un point particulièrement problématique qui motive le développement de bases de données exhaustives sur les mouvements de terrain.

• Seuls les facteurs permanents (voir l'article sur les paramètres d'évaluation de l'aléa) sont généralement pris en compte (non prise en compte des facteurs déclenchant).

Approche déterministe

DESCRIPTION

L’évaluation de l’aléa est basée sur une analyse mécanique de la stabilité à l’aide de modèles (modèles de stabilité) à deux ou trois dimensions. Le choix du modèle dépend des données disponbles. Le rôle des facteurs déclenchant (voir l'article sur les paramètres d'évaluation de l'aléa) est pris en compte.

INCONVÉNIENTS

Le calage des modèles de stabilité est directement dépendant de la densité et de la qualité des données disponibles.

Le choix de la méthode dépend de :

  • la densité, la précision, la fiabilité des données existantes ;
  • la plus ou moins grande complexité et le degré de connaissance des processus physiques en jeu, la multiplicité des paramètres intervenant ;
  • l’importance des enjeux socio-économiques et humains ;
  • le délai et les moyens disponibles pour fournir l’évaluation ;
  • les objectifs de l’évaluation de l’aléa.