ORRM | Observatoire Régional des Risques Majeurs en Provence-Alpes-Côte d’Azur
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Le retrait-gonflement des sols argileux

Qu’est-ce que le retrait-gonflement des sols argileux ? `

Le retrait-gonflement des argiles est lié aux variations de teneur en eau des terrains argileux : ils gonflent avec l’humidité et se rétractent avec la sécheresse. Ces variations de volume induisent des tassements plus ou moins uniformes et dont l’amplitude varie suivant la configuration et l’ampleur du phénomène. Sous une habitation, le sol est protégé de l’évapotranspiration, et sa teneur en eau varie peu dans l’année. De fortes différences deteneur en eau vont donc apparaître dans le sol au droit des façades.

Quel est l’origine de ces mouvements ?

Ce sont les variations de teneurs en eau dans le sol sous l’effet de l’évapotranspiration, qui sont à l’origine de ces mouvements. Ces variations influent sur le comportement de certains matériaux argileux : durs et cassants lorsqu’ils sont desséchés, plastiques et malléables à partir d’un certain niveau d’humidité. Ces modifications de consistance s’accompagnent de variations de volume, dont l’amplitude peut être parfois spectaculaire.

Manifestations du phénomène

Le phénomène se manifeste par des tassements différentiels provoquant des dommages dans les constructions si les fondations et lastructure ne sont pas assez rigides. Ces dommages peuvent prendre plusieurs formes : fissurations en façade, décollements entre éléments jointifs (garages, perrons, terrasses), distorsion des portes et fenêtres, dislocation des dallages et des cloisons et, parfois, rupture de canalisations enterrées.

Les maisons individuelles sont les principales victimes de ce phénomène du fait de leur structure (légère et peu rigide, fondations superficielles).

Quels sont les facteurs d’instabilité ?

De quoi dépend l’ampleur du phénomène ?

  • du type de minéraux argileux contenus dans le sol. Certaines argiles sont en effet dites “gonflantes” (argiles gonflantes) (par exemple smectites) ;
  • des caractéristiques initiales du sol (densité, teneur en eau, degré de saturation). La succession d’une période fortement arrosée et d’une période de déficit pluviométrique constitue un facteur aggravant prépondérant ;
  • de “l’histoire” du sol, en particulier de l’existence éventuelle d’épisodes antérieurs de chargement ou de dessiccation.

La répartition géographique des sinistres liés au retrait-gonflement en Région Provence-Alpes- Côte d’Azur?

Un recensement des sinistres liés au phénomène est réalisé dans le cadre de la cartographie de l’aléa retrait-gonflementdes sols argileux sur les départements de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (voir l'article sur la cartographie de l'aléa retrait gonflement). Sur la région, début 2011, début 2011, seule la carte des Alpes-Maritimes est en cours de validation, les cinq autres départements sont d'ores et déjà couverts par une cartographie directement consultable sur internet (www.argiles.fr). Même si cet inventaire n’est pas exhaustif, il donne une idée globale de la répartition des sinistres sécheresse sur le territoire régional.

Les recensements menés lors de ces études ont permis de répertorier plus de 11 500 sinistres liés au retrait-gonflement sur l'ensemble du territoire régional. On note une forte sinistralité dans les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse, plus localisée dans les Alpes de Haute-Provence, principalement sur les formations marneuses du Tertiaire et du Quaternaire. Dans les Alpes-Maritimes, les sinistres sont concentrés sur la bande littorale ouest, sur des formations superficielles récentes couvrant des formations argileuses plus anciennes. Dans le Var, on recense un grand nombre de sinistres dans le sud-est et au centre du département. Le département des Hautes-Alpes est moins touché par le phénomène, même si plusieurs dizaines de sinistres sont recensés dans le sud ouest du département.

Le phénomène de retrait-gonflement présente une ampleur limitée dans la mesure où il nemenace en général pas de vies humaines, mais uniquement les biens matériels. Toutefois, le nombre de maisons affectées et la fréquence du phénomène génèrent un coût très conséquent pour la société (2ème poste d'indemnisation derrière les inondations au titre de la loi sur les catastrophes naturelles). La Caisse Centrale de Réassurance (CCR) a calculé en 2008 le coût total des indemnisations des sinistres liés au retrait-gonflement sur le territoire métropolitain. En région Provence-Alpes-Côte d'Azur, ce sont près de 500 millions d'euros qui ont été versés par les compagnies d'assurance aux sinistrés de 1989 à 2003.

Pour aller plus loin