ORRM | Observatoire Régional des Risques Majeurs en Provence-Alpes-Côte d’Azur
Observatoire Régional des Risques Majeurs en Provence-Alpes-Côte d’Azur

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Les tsunamis

Aujourd’hui, l’étude du risque « tsunami « est devenue une préoccupation récurrente pour les zones littorales fortement fréquentées et ce,  même pour les régions, a priori les moins exposées au phénomène. Dans ce cadre, une base de données historiques sur les tsunamis ayant pu toucher les côtes françaises, a été développée (BRGM), et en parallèle, des méthodes et des simulations de tsunamis pour des évènements majeurs plausibles sismiques ou gravitaires ont été élaborées. Elles ont démontré que le sud de la France est exposé à un risque de tsunami d’intensité faible à moyenne.

 

Les tsunamis  en méditerranée, références historiques ?

La majorité des tsunamis observés au niveau de la façade française de la Méditerranée sont encore d’origine méconnue. Quelques glissements sous-marins sont cependant bien identifiés comme celui de 1979 à Nice ou comme celui de 1564 à Antibes et Villefranche-sur-Mer, ce dernier ayant été déclenché par un séisme dont l’épicentre (Intensité VIII MSK) était situé à 40 kilomètres à l’intérieur des terres.

D’autres tsunamis de la côte méditerranéenne ont une origine sismique certaine, comme celui de 1887 largement ressenti sur la Côte d’Azur, ou ceux de 1819 et 1831 limités, semble-t-il, à la proximité des côtes françaises (San Remo).

 

Les tsunamis  en méditerranée, les scénarios ?

Avec le catalogue des tsunamis historiques, la simulation d’évènements tsunamigènes, historiques ou fictifs constitue un préalable indispensable à l’évaluation de l’aléa.

 

En effet, à partir de scénarios choisis pour leur caractère majorant vis-à-vis des côtes étudiées, les simulations permettent de disposer d’éléments généraux sur le niveau d’exposition potentielle des côtes et d’appréhender l’incidence et la forme sous laquelle les tsunamis peuvent se présenter en atteignant le littoral.

 

Plus d’une vingtaine de simulations sur des grilles de faible résolution (mailles de 2250 m à 750 m de côté) ont été dans un premier temps réalisées. Elles se réfèrent soit à des évènements historiques soit à des évènements fictifs.

 Synthèse des résultats des scénarios de tsunamis (Terrier et al., 2007)

 

Evaluation des dommages pour de tsunamis de faible à moyenne intensité ?

Pour la façade méditerranéenne française, l’analyse des tsunamis historiques et les simulations d’évènements tsunamigéniques majeurs indiquent une hauteur maximale du niveau d’eau généralement inférieure à 4m. Il s’agit donc de tsunamis d’intensité faible à moyenne, c’est-à-dire inférieur au degré 4 de l’échelle Sieberg modifiée par Ambraseys (1962) ou d’intensité VI de l’échelle de Papadopoulos et Fokaefs (2005).

Le projet de recherche RATCOM a permis de fixer les principes d’évaluation de la vulnérabilité et des calculs de dommages et préjudices humains pour des tsunamis modérés (Monfort & al., 2010).

 

Choix et cartographie des enjeux ?

Le choix des enjeux tient compte de l’analyse en retour des tsunamis de moyenne intensité et du contexte socio-économique (densité humaine très élevée pendant les périodes touristiques). Les enjeux considérés sont :

  • La densité de population par quartier et en fonction des différentes époques de l’année (hiver, été) et de la journée (nuit, après-midi), Les campings.
  • Les /sites/default/files/biblio/nice1979_submersion-antibes_temps-triple.aviparkings souterrains (nombre de niveaux et de places).
  • Les ports de plaisance ou de pêche (nombre d’amarres).
  • Les axes de communication (routes et voies ferrées).
  • Les bâtiments situés en front de mer (emprise au sol et type de bâti).

 

Evaluation de la vulnérabilité des enjeux ?

Population située à l’extérieur des bâtiments

Matrice : Limite de capacité de déplacement (projet RATCOM)

L’évaluation de la vulnérabilité humaine dépend schématiquement de la capacité des personnes à se défendre (via notamment sa capacité à se déplacer) ou à résister à une inondation.

 

L’inondation peut être caractérisée suivant différents facteurs physiques tels que la durée de submersion, la hauteur d’eau, la direction et la vitesse du courant, la charge solide transportée.

 

 

Population située à l’intérieur des bâtiments

L’analyse en retour des évènements historiques et contemporains montrent que hors tsunami généré par un séisme proche (vibration fortement ressentie) dans tous les cas, il vaut mieux être dedans (hors sous-sol) que dehors. La démarche d’évaluation de la vulnérabilité des personnes situées à l’intérieur des bâtiments et exposées à la seule agression du tsunami, et dépendante du type de bâtis (4 types), sa localisation et  de sa capacité à résister au flux qui les submerge.

 

Matrices d’exposition aux tsunamis en fonction du type de bâti

 

 

Vulnérabilité des zones portuaires

Lors d’un tsunami modéré, parmi les biens les plus endommagés, ce sont les bateaux amarrés dans les ports. L’estimation des dommages s’appuie sur des analyses en retour de tsunamis ou raz-de-marée en Méditerranée, tel que celui de Boumerdès (2003) avec les dommages dans les ports des îles des Baléares. Très généralement, on observe des dégâts beaucoup plus importants pour les petites embarcations (pêche, loisir) que pour les grands navires. Concernant les petits bateaux, le risque pour les personnes qui logent dans les bateaux sera directement lié à celui des embarcations.

 

Application à un scénario type Tsunami 1979 à Nice

La méthode d’évaluation de la vulnérabilité a été testée avec une application sur la Côte d’Azur (sud de la France), avec un évènement type glissement de Nice 1979 et quatre scénarios temporels : mijanvier 2012, 2h et 15h ; scénarios de mi-août 2012, 2h et 15h. Les paramètres du glissement (e.g. see Table 3) retenus pour la simulation sont tirés des travaux de Silva Jacinto et Meyniel (2010).

La simulation numérique de la génération et la propagation du tsunami a été effectuée avec le code GEOWAVE (Watts et al., 2003). Puis, afin de modéliser au mieux la submersion à terre en milieu urbanisé (prise en compte du bâti et des ouvrages côtiers), un couplage a été développé entre les codes GEOWAVE et SURFWB (Marche et al., 2007).

 

Simulation du tsunami

Evaluation des dommages 

Mise en place d’un centre d’alerte tsunami (CENALT )

http://www.info-tsunami.f

Pour aller plus loin

Les connaissances actuelles sur les évènements historiques ayant affectés la côte française font aussi l’objet d’une base de données nationale française, www.tsunamis.fr,  enrichie annuellement.

 

Plusieurs études ont été menées pour mieux connaître le risque (intensité du phénomène et dommages possibles) dans les zones les plus exposées.

 

 

 

Modélisation dynamique

de la submersion Antibes pour le tsunami 1979 à Nice 20011-2012 © BRGM.