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Rognes

« Plus éprouvé encore, s’il est possible que Lambesc »

Dommages

 

Rognes compte 14 victimes, 10 blessés graves, 250 maisons sur les 350 que compte le village sont touchées (sans que l’on connaisse exactement le niveau de gravité). Il semble, au vu des documents photographiques de l’époque que les 2/3 des constructions aient été touchés.

Les dommages observés à Rognes illustrent les conséquences des effets de site topographiques : les zones de dégâts maximum sont situées sur les flancs du Foussa, la colline. Les zones de dégâts importants se situent dans la ceinture au pied du Foussa. Ailleurs, les dégâts sont considérés comme minimaux (intensité MSK inférieure à VII). Le montant des dégats est estimé à 1,55 millions de francs - or 1909 soit environ 5,6 millions d’euros (d’après Payany M., 1983. Simulation du séisme provençal de 1909 : le séisme d’après les documents de l’époque. Dossier technique A. CETE Méditerranée).

Note : La conversion francs 1909 - euros 2009 est donnée par le tableau de l’INSEE.

Témoignages

D’après « La Croix des Alpes » du 26 Juin 1909 (voir le site « Sisfrance » du BRGM) : "La malheureuse paroisse de Rognes a été plus éprouvée encore, s’il est possible, que celle de Lambesc. Toute la partie ancienne du village était bâtie en amphithéâtre sur les flancs d’une colline. Dès la première secousse, toute cette partie du village s’écroula avec un fracas épouvantable, les maisons dégringolant les unes sur les autres, un énorme rocher se précipitant du haut de la colline acheva le désastre. Si la catastrophe avait eu lieu une heure plus tard, quand tous les habitants auraient été couchés, il y aurait eu des centaines de victimes. Dans tout ce quartier pas une maison n’est debout, ce n’est qu’un épouvantable amas de pierres, de planches, de poutres, de rochers, d’arbres brisés, de meubles éventrés, dans lequel il est impossible de trouver la trace d’une rue, de se frayer un passage.

Le reste du village a été aussi endommagé (…).

Au premier moment la population, qui était heureusement encore dehors en grande partie, s’enfuit terrifiée dans la campagne. Peu à peu cependant, prenant conscience de la situation, on revint au village pour organiser les secours. On se mit vaillamment à l’œuvre, à travers les ruines, dans les ténèbres, guidés par les gémissements des blessés et des mourants.

(…). Il est impossible de décrire l’aspect de tout ce malheureux village : le désastre est complet, aucune maison qui n’ait gravement souffert, beaucoup sont absolument effondrées, un grand nombre d’autres qui ont encore une certaine apparence devront être démolies. Les fentes et les crevasses dans les murs s’élargissent à chaque instant. Le village est détruit. Il est à reconstruire."

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