ORRM | Observatoire Régional des Risques Majeurs en Provence-Alpes-Côte d’Azur
Observatoire Régional des Risques Majeurs en Provence-Alpes-Côte d’Azur

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Stabilisation des glissements de terrain

La protection contre le risque de glissement de terrain passe par l’étude du phénomène (nature de terrain, vitesse de déplacement, volume déplacé, facteur déclenchant), qui conduit à l’exécution de travaux de stabilisation.
Les techniques de stabilisation des glissements peuvent être classées en 3 catégories :

  • les terrassements ;
  • les dispositifs de drainage ;
  • l’introduction d’éléments résistants.

Les terrassements

Ces techniques consistent à modifier la topographie du glissement afin de retrouver une situation d’équilibre.

L’allègement en tête de glissement

Cela consiste à décharger la “tête du glissement”. Ce déchargement entraîne une diminution de la masse et donc des forces motrices. Il est également possible d’augmenter la stabilité d’un terrain en réduisant sa pente. Cette solution est adaptée pour des talus non naturels ou de faible extension, mais généralement difficile à mettre en œuvre sur les versants naturels.

 

La purge totale

Cela consiste à supprimer les matériaux glissés. C’est une solution seulement applicable aux glissements de taille modeste, de faible profondeur.

La substitution partielle

Lorsque la purge totale n’est pas possible, la substitution se limite à des bêches, des contreforts, des masques ou des éperons qui, s’ils sont bien dimensionnés, peuvent suffire à la stabilisation.

 

Le chargement en pied

Le chargement en pied consiste à construire un ouvrage de butée en pied de glissement afin d’équilibrer les forces motrices et de contenir les déplacements de la masse instable. Il est en général associé à du drainage.

Les dispositifs de drainage

L’eau joue très souvent un rôle déterminant dans “le déclenchement”des glissements de terrain,que cela soit par son action mécanique,physico-chimique ou chimique. Les dispositifs de drainage ont pour rôle de réduire l’action de l’eau soit en évitant l’alimentation en eau du site, soit en expulsant l’eau présente dans le massif instable.

Drainage de surface

Il s’agit de mettre en oeuvre des moyens pour limiter les infiltrations dans les terrains en mouvements en collectant et en canalisant les eaux de surface (cunettes, caniveaux, fossés, etc.).

Drains subhorizontaux

La technique consiste à réaliser de nombreux forages quasi horizontaux dans le glissement et pour y placer des drains (tubes en PVC ou en acier) ainsi qu’un dispositif de captage des eaux. C’est la technique utilisée lorsque les contraintes d’accessibilité du site ou de profondeur de la nappe interdisent la réalisation de tranchées

 

Tranchées drainantes

Ce sont des ouvrages qui permettent de rabattre le niveau des nappes phréatiques diminuant ainsi les pressions interstitielles au niveau de la surface de rupture.

 

 

Drainage profond

Il s’agit de collecter et d’évacuer les eaux à l’intérieur du massif et dans la masse instable. Cela permet de diminuer les pressions d’eau dans le massif, d’éviter les mises en charge brutales dans les discontinuités et d’abaisser le niveau de la nappe.

Il peut s’agir de :

  • drains subhorizontaux ;
  • drains siphons ;
  • de galerie drainante ;
  • de drains ou puits verticaux.

 

Maintenance gestion

Tout ouvrage de protection et/ou de stabilisation doit faire l'objet de visites périodiques et d'inspections détaillées suivies de corrections en cas d'anomalies relevées, que ces dernières soient dues à une évolution de type vieillissement normal ou à des sollicitations en rapport avec le type de phénomène justifiant la présence de l'ouvrage de protection (cf. Guide Technique Maintenance des ouvrages de protection contre les instabilités rocheuses - Pathologie et gestion des ouvrages - LCPC).

 

L’introduction d’éléments résistants

La mise en place d’éléments résistants n’influe pas directement sur la cause du mouvement mais sur ses conséquences.
Les éléments résistants (type ouvrages de soutènement, tirants, ancrages, rangées de pieux…) visent à réduire ou arrêter les déformations. Ces techniques sont intéressantes dans le cas où les techniques de stabilisation type terrassement ou drainage ne peuvent être techniquement ou économiquement mises en oeuvre.

Enrochement

Éperons drainants et enrochement en pied de glissement pour contrer l’avancée des matériaux sur la chaussée.

 

Gabions

Mur de gabions (casiers remplis de pierre en grillage métallique) disposé en pied de glissement pour stopper son évolution vers la route.

Ouvrage rigide

Partie supérieure souple : mur de pierres emboîtées, partie inférieure rigide : mur en béton (pied du glissement) avec ancrages (masqués par le béton).

 

Nappe en géosynthétique

Protection du talus à l’aide d’une nappe de géosynthétique fixée par des câbles et des ancrages (permet de limiter l’érosion par les circulations d’eau superficielles) et de béton projeté associé à des ancrages destiné à bloquer le mouvement du sol. Le long de la route un mur de soutènement empêche la progression des terrains sur la chaussée.

 

Systèmes d’ancrages

Les ancrages peuvent être de 2 types : soit passifs soit actifs.

  • un ancrage passif est constitué par une ou plusieurs armatures (barres d’acier) scellées dans le rocher, assurant la solidarisation d’un volume potentiellement instable avec le massif stable situé en arrière.
  • les ancrages actifs sont constitués de barres ou câbles scellés en fond de trou au-delà de la zone instable et mis en tension (mesurée à l’aide d’un manomètre).

Nappe de géotextile biodégradable et écran en rondins de bois entrecroisés

En partie haute : nappe de géotextile biodégradable favorisant la revégétalisation. En partie inférieure écran réalisé en rondins de bois entrecroisés et remplissage de petits blocs.