ORRM | Observatoire Régional des Risques Majeurs en Provence-Alpes-Côte d’Azur
Observatoire Régional des Risques Majeurs en Provence-Alpes-Côte d’Azur

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Les tsunamis

Bien que souvent évoqués, les tsunamis sont rares sur le littoral de la région Provence-Alpes-Côte-D’azur.  Ils peuvent être provoqués par deux phénomènes : les séismes et les glissements de terrains. Pour s’en protéger au mieux, il est nécessaire d’évaluer la hauteur des vagues possibles et disposer de moyens d’alerte.

Les tsunamis de l’ouest de la Méditerranée ne sont pas comparables à ceux observés dans les océans Pacifique et Indien, bien qu’ils restent dangereux et puissent se produire à tout instant. Les connaissances actuelles amènent à penser qu’un tsunami d’origine sismique générerait sur les côtes françaises des vagues d’un à deux mètres.

Le temps d’arrivée de ces vagues sur la côte sera court, entre 5 et 30 mn.

Qu’est-ce qu’un tsunami ?

Le mot « tsunami » est issu du japonais « tsu » qui veut dire  « port » et nami qui veut dire « vague », « vague de port ».
Il s’agit donc d’une onde qui se propage dans un contexte aquatique (océan ou mer), provoquée par le brusque mouvement d'un grand volume d'eau.
Ce mouvement peut être dû à un séisme, une éruption volcanique sous-marine de type explosive ou à un glissement de terrain sous-marin de grande ampleur.
Un tsunami n'est en aucun cas, la conséquence d'éléments à caractère météorologiques (vents, ...).
Le mot tsunami a été officialisé en 1963, plutôt que le terme de « raz-de-marée » pour éviter l'association fausse avec les marées.
 

L’origine des tsunamis ?

L’intensité et la fréquence des tsunamis susceptibles d’atteindre le littoral de la métropole française sont bien inférieures à celles des tsunamis observés au niveau des océans Pacifique et Indien. Cependant le risque existe.
Concernant la côte de la métropole française, les tsunamis peuvent être provoqués soit par :
  • des séismes (rupture de faille localisée au niveau de la mer Ligure ou de la marge maghrébine),
  • des effondrements gravitaires sous-marins ou côtiers.
Les observations historiques des phénomènes ainsi que les connaissances actuelles de l’aléa « tsunami », obtenues par simulations numériques,  indiquent la possibilité de vagues près du rivage jusqu’à 1 m à 2m d’amplitude, avec un temps d’arrivée à la côte de l’onde tsunamigène.
Pour les tsunamis d’origine sismique:
  • quelques minutes seulement pour des évènements provoqués par des séismes localisés en mer ligure,
  • plus ou moins une heure pour des séismes localisés au large de la côte nord-africaine.
Pour les tsunamis d’origine gravitaire, le temps de propagation peut être de moins de 1 minute à quelques dizaines de minutes selon la distance entre la côte et le mouvement de terrain. La période de retour d’un tsunami de telle ampleur est estimée de l’ordre de plusieurs dizaines à quelques centaines d’années.

Les tsunamis en région Provence-Alpes-Côte-D’azur ?

 Tsunami d’origine sismique : 23 février 1887

Le séisme ligure de 1887 a provoqué un tsunami.

Des mouvements de mer d’amplitude variable ont été observés tout au long du littoral de Livourne à Marseille sans toutefois faire de dégâts.

Le mouvement a été enregistré sur les marégraphes de Gênes et Nice.

Le câble télégraphique sous-marin installé entre Antibes et la Corse a été sectionné en deux points distincts.

Des poissons morts ont été trouvés sur les plages de San Remo, Savona, Nice et Villefranche.

Certains appartiennent à des espèces rares qui vivent généralement à de grandes profondeurs.

 

 

Tsunami d’origine gravitaire : 16 octobre 1979

« Le 16 octobre 1979, à 13h57, à l’embouchure du fleuve Var, une partie de la plate-forme de remblaiement qui devait prolonger sur la mer les pistes de l’aéroport de Nice s’effondrait. Elle entraînait avec elle une quinzaine d’ouvriers et du matériel (quatre camions, deux grues). Ce chantier était considéré alors comme le plus grand chantier de travaux publics d’Europe. Neuf ouvriers allaient trouver la mort dans l’accident. L’effondrement avait été provoqué par une avalanche sous-marine.

Cette avalanche allait parcourir 150 km pour finir à 2 600 mètres de profondeur en suivant le canyon sous-marin qui prolonge la vallée du Var. Le glissement a provoqué une vague de 2,5 à 3,5 mètres. Elle a frappé le littoral entre le port de la Salis et Antibes et causé d’importants dégâts, ainsi que la mort d’une personne (une commerçante de la localité). Le long du front de mer, une centaine de maisons était envahie par les flots. Une dizaine de voitures et plus de 100 embarcations ont été projetées sur les quais. »

 

(D’après le reportage de FR3, le 17-10-1979)

 

 L’alerte dans nos régions ?
L’urbanisation croissante du littoral est un facteur majorant du risque. En cas de survenance d’un tsunami de cette amplitude, les dommages pourraient être considérables.

 

 

Dans le cadre de la prévention contre les tsunamis, a l’Etat français a financé  l’installation d’un système d’alerte aux tsunamis en Méditerranée occidentale.

Il s’appuie sur :

un système d’alerte  basé sur des capteurs posés au fond de la mer qui détecte le passage d’une onde de tsunami. Le message sera transmis à terre par l’intermédiaire de bouées et satellites et l’alerte sera ainsi lancée, c’est ainsi que fonctionne déjà le système de l’océan pacifique,

 

Le Centre d’alerte tsunami (CENALT) est opérationnel depuis juillet 2012 dans les locaux du CEA, opérationnel depuis juillet 2012.

Cependant la problématique des tsunamis du bassin méditerranéen occidentale est particulière : l’ampleur et la fréquence sont plus faibles que dans le Pacifique (ordre de grandeur sur la côte de l’ordre de 2 mètres), mais le temps de réaction nécessaire est beaucoup plus court (30 mn au maximum).

Le temps de retour des tsunamis provoqués par les séismes en Méditerranée occidentale a été estimé à 10 000 ans environ sur chaque structure sismogénique majeure.

 

 

 

Mise en place d’un centre d’alerte tsunami (CENALT )

http://www.info-tsunami.fr

 

 

 

Pour aller plus loin

 

Les connaissances actuelles sur les évènements historiques ayant affectés la côte française font aussi l’objet d’une base de données nationale française, www.tsunamis.fr enrichie annuellement.

 

Plusieurs études ont été menées pour mieux connaître le risque (intensité du phénomène et dommages possibles) dans les zones les plus exposées.